La charte de l’association fixe nos principes éthiques.
Art 1 : La responsabilisation du jeune conducteur
La philosophie de la Route des Jeunes repose sur la responsabilisation du jeune conducteur. Nous pensons en effet que les jeunes sont capables de se prendre en
main et de faire face eux-mêmes à ce fléau qui les concerne en priorité (les accidents de la route représentent toujours la première cause de mortalité chez les 15-24 ans). La Route des
Jeunes, exclusivement composée de bénévoles âgés de 12 à 25 ans, est née de cette idée que les jeunes peuvent résoudre eux-mêmes les problèmes qui sont les leurs. Depuis 1999, les bénévoles
de la Route des Jeunes ont à cœur d’inculquer des comportements responsables, et d’instaurer le respect des autres au volant, en modifiant durablement les habitudes des jeunes
conducteurs.
Art 2 : Un souci de pédagogie : le refus de la victimisation
Le discours des bénévoles de la Route des Jeunes est jeune, positif, et jamais moralisateur. Il s’agit en effet d’aller de l’avant, c’est-à-dire vers une
réduction du nombre de victimes sur nos routes, sans faire du passé, ou de l’expérience personnelle de chacun, un dramatique contre-exemple. Un tel souci de pédagogie caractérise notamment le
discours des bénévoles lors des opérations de terrain « Une Nuit pour la Vie » et « Dry-verre ».
Art 3 : Le conducteur désigné
Depuis sa création, la Route des Jeunes s’est fixée comme objectif de valoriser le conducteur désigné, celui qui s’engage dès le début de la soirée à respecter
le taux d’alcoolémie légal pour conduire. La Route des Jeunes voit dans le conducteur désigné, désormais baptisé SAM, la véritable mascotte du groupe ; il est l’exemple à suivre car
c’est grâce à lui que ses amis pourront rentrer en toute sécurité. Les différentes actions de la Route des Jeunes (les « Nuits pour la Vie » en discothèques et les
« Dry-verre » dans les bars), reposent sur ce principe très simple : "mets moins d’alcool dans ton verre, paye l’entrée moins cher, reprend le volant l’esprit plus clair ". La
Route des Jeunes veille à ce que le conducteur confie ses clefs de voiture aux bénévoles dès le début de la soirée. Il les récupère après avoir vérifié, grâce à l’éthylotest électronique, que
son taux d’alcoolémie est inférieur au seuil légal (0,5 g/l de sang). La Route des Jeunes opte pour tout ce qui responsabilise le jeune conducteur, contre l’assistanat. Au réflexe du
raccompagnement, elle préférera toujours le réflexe du conducteur responsable.
Art 4 : L’association porte-parole des jeunes conducteurs auprès des pouvoirs publics et des media
La Route des Jeunes se bat, en s’adressant en priorité aux jeunes conducteurs,
pour réduire le nombre d’accidents sur les routes ; mais la Route des Jeunes a également un rôle de représentation des jeunes conducteurs, auprès des média, des pouvoirs publics, ou des
adultes en général. Seule association de sécurité routière composée exclusivement de jeunes bénévoles et disposant d’une vraie notoriété au niveau national, la Route des Jeunes est le
porte-parole, naturel et légitime, des jeunes conducteurs. Il s’agit ainsi pour la Route des Jeunes de défendre, en s’exprimant haut et fort et en refusant toute forme de pression, les
intérêts des jeunes conducteurs.
Art 5 : La formation des jeunes conducteurs
La question de la formation est, aux yeux des bénévoles de la Route des Jeunes, un enjeu primordial. En effet, l’apprentissage de la conduite en France
pourrait se voir doublement amélioré :
* Lors de la formation au permis de conduire, où les heures d’apprentissage de la conduite devraient se voir augmenter, mais également être mieux conçues
(initiation à la mécanique, enseignement des premiers gestes de secours, etc..). Les formules de type « conduite accompagnée », qui mettent davantage l’accent sur la pratique,
doivent être encouragées par les autorités publiques.
* Plus en amont, au sein du système scolaire. Dès la petite enfance, et tout au long de sa scolarité, le jeune doit être familiarisé avec les thèmes liés à la
conduite et à la sécurité au volant. L’Attestation Scolaire de Sécurité Routière (ASSR), première mesure allant dans ce sens, exige une véritable formation dispensée par des professionnels de
la sécurité routière.
Dans cet esprit, il nous a semblé que l’instauration, en 2004, d’un « permis probatoire » était une bonne mesure.
Art 6 : Le refus de mesures discriminatoires envers les jeunes conducteurs
Les membres de la Route des Jeunes se sont constamment opposés à toutes les mesures de sécurité routière pouvant être considérées comme des discriminations à
l’encontre des jeunes conducteurs sans que leur efficacité dans l’amélioration de la sécurité routière soit démontrée. En effet, nous restons persuadés que le discours positif d’engagement et
d’autonomie peut enrayer l’hécatombe des vies perdues parmi les 15-24 ans et que le discours moralisateur et discriminant est contre-productif. Les règles du Code de la Route, pour être
lisibles, doivent être les mêmes pour tous et tous doivent être égaux devant la loi. La Route des Jeunes, première association de sécurité routière par et pour les jeunes en France, restera
très vigilante face aux autorités publiques, sur ces questions.
Art 7 : Alcool : la Route des Jeunes contre le « taux zéro »
La Route des Jeunes se prononce contre l’adoption d’un taux légal d’alcoolémie de 0 g/litre de sang pour les jeunes conducteurs. Elle estime que la règle
actuelle doit être plus largement respectée avant d’être modifiée. De nouvelles dispositions plus contraignantes ne feraient qu’ajouter le discrédit au discrédit. Dans un pays où un
conducteur est en moyenne contrôlé une fois tous les dix ans à l’éthylotest (contre 3 fois par an en moyenne en Allemagne et au Royaume-Uni), le Code de la route apparaît en effet comme la
moins respectée des lois. Donnons-nous en priorité les moyens de contrôle des textes existants, avant de favoriser une inflation législative déjà très importante en matière de sécurité
routière. La Route des Jeunes rappelle par ailleurs que, concernant l’excès d’alcool au volant, toutes les tranches d’âge sont concernées.
Art 8 : Cannabis au volant : pour un dépistage efficace
La Route des Jeunes condamne fermement la conduite sous l’empire de stupéfiants, de quelque nature qu’ils soient. En tant qu’association de sécurité routière
créée par les jeunes pour les jeunes, la Route des Jeunes insiste sur la nécessité de renforcer considérablement la prévention existant dans ce domaine à l’égard des 12-25 ans, premiers
consommateurs. L’étude SAM (2005) a démontré la responsabilité du cannabis dans environ 250 morts sur les routes françaises sur environ 7000. C’est pourquoi la Route des Jeunes exige que les
pouvoirs publics prennent leurs responsabilités en acceptant enfin de communiquer publiquement, à travers des opérations publicitaires, sur les dangers du cannabis au volant. Elle demande
aussi que cet aspect soit abordé tout au long des étapes de la formation à la conduite (ASSR, formation au Code de la Route etc...). Par ailleurs, elle demande que des moyens soient mis en
œuvre pour l’obtention rapide d’outils de mesures fiables et accessibles permettant des contrôles préventifs efficaces. Enfin, les bénévoles de notre association insistent pour que le
développement des contrôles en matière de stupéfiants ne se fasse pas au détriment des contrôles d’alcoolémie. En effet, l’alcool est impliqué dans les accidents mortels huit fois plus
souvent que le cannabis. La Route des Jeunes saura se montrer vigilante sur tous ces points.
Art 9 : Pour le bridage des moteurs
La Route des Jeunes, qui refuse toute mesure inutilement discriminante envers les jeunes conducteurs, est favorable au bridage des moteurs de tous les
véhicules à 150km/heure. Nous nous érigeons contre le lobbying mené par les constructeurs automobiles, qui empêche la mise en place d’une mesure dont l’efficacité a été démontrée unanimement
par la communauté scientifique, et que la majorité des Français approuvent.
Art 10 : Subventions : la Route des Jeunes n’en reçoit jamais des producteurs d’alcool
La Route des Jeunes a besoin de subventions, publiques et privées. Toutefois, elle refuse toute forme d’aide, d’échange ou de subvention de la part des
producteurs d’alcool. Un tel refus, qui correspond à l’éthique qui a toujours été la nôtre, garantit notre indépendance et notre liberté d’expression.